Nécrologie d'un majordome.
Très tôt dans la nuit, à environ une heure du matin, Arthur Douglas Bayford est décédé.
Son corps n'a pas été retrouvé mais ses proches pensent à un suicide.
Il y a peu de chance que vous sachiez qui était Arthur Bayford, puisque c'est un personnage imaginaire, créé par mes soins pour une campagne du jeu de rôle l'Appel de Cthulhu. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est*, dites-vous que c'est du théatre en improvisé (à peu près).
Lorsqu'un personnage de jdr auquel on tient décède dans une partie, on ressent toujours une sorte de petit vide. Rien de symptomatique d'un "dédoublement de la personnalité sataniste à tendance suicidaire", c'est plus proche du fameux "blues de la dernière page" quand on aime un bouquin, ou du "blues d'après-Boss-de-Fin" dans un jeu vidéo.
Je comptais faire un post pour vous parler d'Artie, de toute façon, son brutal décès en pleine fin de scénario m'incite à le faire sans attendre.

Voici un portrait de lui dessiné par Kali, qui joue le personnage de Saint-Gilles.
Après avoir survécu à d'innombrables dangers, il a été acculé par une créature innomable, et a préféré se donner la mort plutôt que de se voir dévoré vivant par la chose.
Outre le fait que j'aimais bien ce perso pour ses liens affectifs avec les autres membres du groupe, je tiens à dire quelque chose sur le fait de jouer un majordome à Cthulhu : c'est génial. La planque du tonerre.
D'abord, vous imaginez pas tout ce dont est capable quelqu'un qui a 95% en Arts Ménagers. Nettoyer, ranger, préparer la cuisine, faire couler des bains, faire la lessive... Ca a pas l'air, comme ça, mais les bons petits plats d'Artie et les bons bains chauds ont regonflé le moral de plus d'un Investigateur.
Et puis, il y a les choses auxquelles on ne pense pas tout de suite. Effacer des traces pendant un vol avec effraction ? Arts Ménagers. Jauger d'un coup d'oeil le nombre et la personnalité des habitants d'une maison en regardant l'armoire à chaussure ? Arts Ménagers. Savoir ce que les autres Investigateurs transportent dans leur valise puisque c'est moi qui les ai faites ? Arts Ménagers.
Et puis, il y a l'aspect psychologique : le majordome ne sert à rien, mais il est indispensable au groupe. Et ça, mine de rien, ça joue. Et sans trop se mettre en danger : aucun bouquin à lire, on passe jamais devant, toujours caché derrière son maître, même et surtout devant la presse...
Enfin, le plaisir d'avoir un personnage majordome avec des compétences innatendues, pour le plaisir de dire : "C'est exact, monsieur, je comprends ce langage. Je parle cinq langues, dont le swahili et le farsi.", ou encore : "Si Monsieur me permet, il se trouve que j'ai des bases en sismologie...", c'est tellement cliché, j'adore !
Toute dernière chose : je me suis vite rendu compte que, à Cthulhu, tous ceux qui veulent faire des militaires devraient prendre des grenadiers. On passe beaucoup plus de temps à balancer des trucs à la gueule des monstres qu'à vraiment leur tirer dessus...
Enfin, bref, c'est émouvant tout ça. Ce personnage et les parties où je l'ai interprêté resteront un excellent souvenir pour moi. Et c'est ça le plus important.
* Je vous ai dit : essayez, c'est bien, et vous comprendrez enfin plein de mes posts !
Son corps n'a pas été retrouvé mais ses proches pensent à un suicide.
Il y a peu de chance que vous sachiez qui était Arthur Bayford, puisque c'est un personnage imaginaire, créé par mes soins pour une campagne du jeu de rôle l'Appel de Cthulhu. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est*, dites-vous que c'est du théatre en improvisé (à peu près).
Lorsqu'un personnage de jdr auquel on tient décède dans une partie, on ressent toujours une sorte de petit vide. Rien de symptomatique d'un "dédoublement de la personnalité sataniste à tendance suicidaire", c'est plus proche du fameux "blues de la dernière page" quand on aime un bouquin, ou du "blues d'après-Boss-de-Fin" dans un jeu vidéo.
Je comptais faire un post pour vous parler d'Artie, de toute façon, son brutal décès en pleine fin de scénario m'incite à le faire sans attendre.

Arthur Douglas Bayford vivait en 1921, et était un des majordomes les plus distingués d'Angleterre, sorti major primus annei de sa promotion à la Henton Butler Academy. Ancien grenadier de l'armée coloniale anglaise (comme tous les majordomes anglais, d'ailleurs), sa reconversion après une blessure à la jambe fût un succès.
Promis à un avenir brillant et confortable grâce à ses qualités de majordome, il est pourtant entré au service d'un medium à moitié escroc, d'une famille de la petite noblesse française, vivant entre Paris, Londres, et Chicago, et avec qui il a tissé une relation paternelle mal assumée et assez trouble.
C'est la passion de son maître, Philippe Pierre Jules Saint-Gilles pour l'occultisme qui avait amené Arthur à être confronté aux créatures du Mythe.
Promis à un avenir brillant et confortable grâce à ses qualités de majordome, il est pourtant entré au service d'un medium à moitié escroc, d'une famille de la petite noblesse française, vivant entre Paris, Londres, et Chicago, et avec qui il a tissé une relation paternelle mal assumée et assez trouble.
C'est la passion de son maître, Philippe Pierre Jules Saint-Gilles pour l'occultisme qui avait amené Arthur à être confronté aux créatures du Mythe.
Voici un portrait de lui dessiné par Kali, qui joue le personnage de Saint-Gilles.
Après avoir survécu à d'innombrables dangers, il a été acculé par une créature innomable, et a préféré se donner la mort plutôt que de se voir dévoré vivant par la chose.
Outre le fait que j'aimais bien ce perso pour ses liens affectifs avec les autres membres du groupe, je tiens à dire quelque chose sur le fait de jouer un majordome à Cthulhu : c'est génial. La planque du tonerre.
D'abord, vous imaginez pas tout ce dont est capable quelqu'un qui a 95% en Arts Ménagers. Nettoyer, ranger, préparer la cuisine, faire couler des bains, faire la lessive... Ca a pas l'air, comme ça, mais les bons petits plats d'Artie et les bons bains chauds ont regonflé le moral de plus d'un Investigateur.
Et puis, il y a les choses auxquelles on ne pense pas tout de suite. Effacer des traces pendant un vol avec effraction ? Arts Ménagers. Jauger d'un coup d'oeil le nombre et la personnalité des habitants d'une maison en regardant l'armoire à chaussure ? Arts Ménagers. Savoir ce que les autres Investigateurs transportent dans leur valise puisque c'est moi qui les ai faites ? Arts Ménagers.
Et puis, il y a l'aspect psychologique : le majordome ne sert à rien, mais il est indispensable au groupe. Et ça, mine de rien, ça joue. Et sans trop se mettre en danger : aucun bouquin à lire, on passe jamais devant, toujours caché derrière son maître, même et surtout devant la presse...
Enfin, le plaisir d'avoir un personnage majordome avec des compétences innatendues, pour le plaisir de dire : "C'est exact, monsieur, je comprends ce langage. Je parle cinq langues, dont le swahili et le farsi.", ou encore : "Si Monsieur me permet, il se trouve que j'ai des bases en sismologie...", c'est tellement cliché, j'adore !
Toute dernière chose : je me suis vite rendu compte que, à Cthulhu, tous ceux qui veulent faire des militaires devraient prendre des grenadiers. On passe beaucoup plus de temps à balancer des trucs à la gueule des monstres qu'à vraiment leur tirer dessus...
Enfin, bref, c'est émouvant tout ça. Ce personnage et les parties où je l'ai interprêté resteront un excellent souvenir pour moi. Et c'est ça le plus important.
* Je vous ai dit : essayez, c'est bien, et vous comprendrez enfin plein de mes posts !
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