Je n'irai plus jamais massacrer des sapinettes...

Publié le par El Charpi

J'étais avec des vieux amis dans une bagnole (celle de mon patron, avec plein de place et des portes arrières qui coulissent). C'est Olivier qui conduisait et on se faisait une petite virée nocturne, l'esprit tout excité à l'idée du massacre que nous allions perpétrer : nous allions bousiller des sapinettes.

Je sais plus ce que nous avait fait le gars, mais il me semble que j'étais colère. Et puis j'avais été contrarié un peu plus tôt à la boulangerie en me rendant compte que c'était la deuxième fois de la journée que j'y allais, et que la première fois j'avais claqué masse d'argent pour des viennoiseries que j'avais pas mangées : vu ma situation du moment, ça m'énervait.

Du coup, j'étais prêt, comme les autres, mais armé d'une batte de base-ball, de gants noirs et d'un livre de C.O.P.S., à aller saccager le jardin d'un inconnu haï.

Une fois arrivé, je me souviens clairement m'être dirigé le premier vers le porche. Je me suis avancé vers le palier, et j'ai croisé le proprio dans la pénombre. C'était un coin que la lumière extérieure n'éclairait pas : je n'ai pas vu son visage, il n'a pas vu le mien. Il ne s'est pas attardé sur moi et a couru vers l'entrée du jardin ou certains de mes confrères avaient commencé leur sale boulot.

Je ne me souviens plus très bien de ce qui se passa ensuite jusqu'à ce que nous réintégrions le véhicule. Mais je me souviens encore de l'angoisse qui m'a étreint - qui nous a tous étreint - une fois à l'intérieur : nous avons saccagé des sapinettes, nous étions désormais des délinquants. Le propriétaire nous suivait en voiture, mais dans la notre, ça flippait sévère : on risquait des problèmes, passer devant un juge, le commissariat, le casier judiciaire, tout ça...

Olivier (qui conduisait toujours) rassura tout le monde en proposant de faire un tonneau à la voiture, pour dissuader notre poursuivant de nous acculer. La voiture a basculé dès que l'occasion s'est présentée, et nous avons été fortement secoués.

Je suis sorti le premier, la voiture qui nous poursuivait n'était même pas en vue. J'ai vu de l'essence couler de la carcasse, et je me suis réfugié derrière un abri quelconque. J'avais peur que ça explose. J'ai vu la voiture de notre victime nous dépasser, puis s'engager dans une rue parrallèle. Aussitôt, mes compagnons sont sortis de la voiture et se sont dispersés. Notre chasseur, après un demi-tour sans doute, revint de la rue où il était parti. Moi-même m'éloignait dans un jardin proche, après avoir sauté le petit muret. C'est là que l'évidence me frappa alors : j'avais oublié mon livre de C.O.P.S. dans la voiture, avec les viennoiseries de tout à l'heure. Des indices évidents : je devais les effacer.

J'ai grimpé sur une poubelle, puis atteint une plus grosse, avant de sauter vers le toit de la maison proche : l'adrénaline aidant, je ne me suis même pas inquiété de la probabilité énorme que j'avais de m'écraser, concentré que j'étais sur l'objectif. J'ai finalement aggrippé le bord du toit, puis m'y suis hissé, en direction d'un emplacement d'où voir la scène.

Aggrippé par le bout des doigts, je regardais ma victime, rendue folle par le massacre de ses innoncentes plantations, se diriger vers la voiture. Je n'avais plus qu'une chose à faire : attendre sa réaction, et guetter le bon moment pour m'emparer des indices compromettants.

Mon réveil a sonné à ce moment-là, et je me suis réveillé avec une idée terrible en tête : ne jamais, au grand jamais, partir massacrer des sapinettes...

Publié dans Moi - je...

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Commenter cet article

delancy 03/07/2009 00:02

Arrete le travail tu te fait du mal ou mets un chapeau quand tu est au soleil mon petit! ;)