Watchmen : les Gardiens.

Publié le par El Charpi

Je suis donc allé voir Watchmen au cinéma.
Je savais que l'adaptation ne serait pas aussi bien que l'original, j'étais assez peu exigeant sur le tout, et j'y suis allé l'esprit ouvert...

J'ai néanmoins été déçu.

Très déçu, non pas parce que le film était franchement mauvais (ce n'étais pas le cas), mais surtout parce qu'il s'en est fallût de peu, d'un tout petit peu, pour qu'il soit réélement réussi. Zack Snyder est passé à quelques coudées du bon film, de l'adaptation parfaite.
C'est très dommage, et vous comprendrez ma déception.

D'abord, quelques points forts, quelques réussites à mettre au crédit du film - car il y en a, rendons-lui justice.

Je m'y attendais, mais graphiquement, Snyder a réussi son pari - c'est superbe. L'ambiance est impeccable, et rend honneur au comics. Mention très spéciale au générique tout bonnement génial. Je m'inquiètais de la possibilité de donner le ton correct à l'univers de Watchmen : très développé par Moore et Gibbons (les auteurs de la BD), se pouvait-il que dans un film l'histoire des super-héros et l'évolution de leur image soit correctement appréhendée par ses lecteurs ?

Oui. Snyder a tout casé dans le générique. Ca rend bien, c'est super, absolument super.


Après, y'a quelques petits détails qui me gènent pas trop pour du mainstream mais qui seront important par la suite : les scènes de combat sont considérablement rallongées, au-delà du nécessaire. La violence devient plus cinématographique et moins brutale, soit. Les scènes de sexe, pudiquement suggérées par le comics, sont très explicitement montrées. Bref, ça, ok, ça me choque pas trop.

Les coupes ont plutôt été bien faîtes, même si on peut gloser des heures sur "aurait-il dû mettre cette scène à la place d'une autre ?", il scarifie le bouquin et retire beaucoup de son attrait psychologique, mais c'était prévu, de toute façon il pouvait pas faire autrement, pas de surprise donc pas de déception.

Non, le vrai, le gros, le terrible problème, c'est les dialogues. Modifier légèrement la succession des scènes mais vouloir garder absolument les phrases emblèmatiques, ça amène à faire du caca.
Et les conversations dans le film sont totalement artificielles. Ozymandias raconte sa vie spontanément au cours d'une réunion financière, les personnages changent d'humeur à une vitesse alarmante (surtout dans le garage du Hibou), agissent sans rééle cohérence... Et puis y'a quelques erreurs dans l'interprétation des pouvoirs du Dr Manhattan, mais qui n'interessent que moi... (n'empêche, il ne peut pas prévoir que Laurie lui parlera de Dan si elle ne le fait pas... rahlala.).

Mention spéciale à la phrase-choc finale. La plus ratée. La plus honteusement ratée. Normalement, cette simple phrase, prononcée par le Docteur Manhattan à Ozymandias, juste après la résolution de l'intrigue, remet en cause la situation stable qui vient de se former enfin : "rien ne finit jamais, Adrian, rien ne finit jamais". Dans le film, comme il fallait que Manhattan quitte la Terre en faisant un bécot à son ex (?) devant les yeux de son nouveau copain (???), il est plus là pour la sortir. Du coup, c'est Laurie qui la sort, en plein câlin : "Je sais ce que Jon aurait dit : rien ne finit jamais." (comprendre : "je sais ce que mon ex aurait dit à ce moment-là") - ça tombe terriblement à plat, un lourd sacrifice pour un bécot cosmique, je trouve..

Bref, le scénario semble creux, incohérent, et parfois franchement risible ("Et vous, docteur, qu'est-ce que vous voyez ?" - mouarf).
Quel dommage, parce qu'avec des dialogues corrects, en rajoutant quelques minutes de film (ou en les prenant sur les combats), le film aurait pu être une grande réussite.

Publié dans Culturator

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